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Le collant de grossesse

Rédigé par Louise le 28 décembre 2022
Louise-Rédactrice-Babyo

La grossesse exerce une influence sur l’ensemble de l’organisme qui n’épargne pas le système sanguin. En effet, les troubles liés à l’insuffisance veineuse se trouvent amplifiés, ce qui conduit à ressentir des jambes lourdes et douloureuses, augmentant par ailleurs les problèmes d’œdème et de phlébite. La parade à ces désagréments se trouve dans le port du collant de grossesse.

Le concept du collant de grossesse

Le collant de grossesse est conçu dans une matière faiblement extensible. Elle opère une pression sur les jambes, induite par une maille qui gaine et exerce une compression dégressive de la jambe. L’objectif du dispositif de contention est de favoriser la circulation sanguine et la remontée du sang veineux de la périphérie vers le cœur. Vous évitez ainsi la stase du sang dans les veines, source de dilatation veineuse.

Le port d’un collant de grossesse durant la grossesse atténue considérablement, voire supprime totalement, le phénomène des jambes lourdes et des pieds gonflés. Ce dispositif est d’autant plus important pour les femmes présentant des antécédents de phlébite, car il prévient les risques thrombo-emboliques.

Les contrindications au port du collant de grossesse

Il existe quelques contrindications au port du collant de grossesse :

  • des infections cutanées ou des plaies non cicatrisées ;
  • la microangiopathie diabétique qui affecte les petits vaisseaux sanguins chez les personnes diabétiques ;
  • les formes sévères d’artériopathie.

Les causes de l’insuffisance veineuse durant la grossesse

Les hommes comme les femmes souffrent d’insuffisance veineuse. Il est même estimé que ce phénomène touche un quart de la population. L’origine de ce trouble s’explique par la perte généralisée du tonus des veines, ainsi que le dysfonctionnement des valvules. Ces petits clapets présents dans les veines empêchent le reflux et aident le sang à remonter vers le cœur.

Durant la grossesse, l’insuffisance veineuse s’amplifie. L’augmentation du volume sanguin est estimée entre 20 et 30 % selon les femmes. Elle s’accompagne d’un abaissement généralisé du tonus des parois veineuses, induit par l’afflux des hormones de grossesse. D’autre part, avec le développement du fœtus, l’utérus devient de plus en plus volumineux. Il bouleverse l’équilibre de la cavité abdominale et comprime les gros vaisseaux sanguins. La veine cave notamment — qui draine le sang de la moitié supérieure du corps — est affectée. La grossesse provoque également une compression de la veine iliaque drainant le pelvis. Or, l’ensemble de ce réseau sanguin est chargé de renvoyer le sang présent dans les jambes en direction du cœur. Enfin, l’influence des œstrogènes modifie la paroi veineuse et des mécanismes d’arrêt du saignement appelés hémostase se mettent en place.

Tous ces éléments participent à une mauvaise circulation sanguine, avec les désagréments et les risques qui s’y rapportent. Les femmes déjà concernées voient des lésions plus importantes apparaître, avec la formation de varices. Celles-ci font peser un risque important de phlébite à l’approche de la naissance et après l’accouchement. Ce sont les conséquences du risque thrombo-embolique, c’est-à-dire de formation de caillots sanguins.

Si le caillot sanguin se forme dans une veine dont le diamètre est important, il peut se déplacer et engendrer une thrombose veineuse profonde dont les conséquences peuvent être mortelles en cas d’embolie pulmonaire. Le cas échéant, le caillot de sang obstrue une artère pulmonaire ou l’une de ses branches et provoque des dommages au niveau du poumon atteint. Par conséquent, la partie lésée ne peut plus fournir d’oxygène à l’organisme.

Comment reconnaître les symptômes de l’insuffisance veineuse ?

L’insuffisance veineuse chez la femme enceinte se traduit par divers symptômes, dont :

  • la sensation de jambes lourdes qui s’aggrave au fil de la journée pour culminer le soir ;
  • l’impatience des jambes — appelée communément les « fourmis » — qui déclenche une envie difficilement répressible de bouger les jambes, surtout en fin de journée et durant la nuit ;
  • des démangeaisons dans le prolongement de l’impatience des jambes ;
  • des crampes musculaires, plus spécifiquement nocturnes ;
  • la manifestation d’œdèmes au niveau des pieds et des chevilles ;
  • l’apparition de varicosités, c’est-à-dire les prémices des varices, avec la dilatation constante de certaines veines qui deviennent peu à peu visibles à la surface de la peau ;
  • la formation de varices.

Comment parer l’insuffisance veineuse durant la grossesse ?

La parade à l’insuffisance veineuse demande d’adopter certains comportements au quotidien. L’alimentation doit être contrôlée, afin de limiter la prise de poids. Celle-ci est normale pour une grossesse, mais elle doit rester raisonnable. Il convient de marcher régulièrement, tous les jours, et de limiter la station assise, les pieds à terre, sans bouger.

Enfin, pour favoriser le retour veineux afin de soulager le phénomène des jambes lourdes et éviter la formation d’œdèmes ou de varices, le port d’un collant de grossesse apparaît indispensable.

Quand faut-il porter un collant de grossesse ?

Le collant de contention pendant et après la grossesse

Les femmes ne présentant aucun antécédent peuvent attendre le troisième mois de grossesse avant de porter un collant de contention. En revanche, les femmes présentant des antécédents liés à l’insuffisance veineuse peuvent les porter dès le premier mois de grossesse.

Il est recommandé de porter le collant de grossesse durant six semaines après l’accouchement par voie naturelle et six mois après une césarienne. L’accouchement entraîne en effet la modification provisoire de la coagulation sanguine, ce qui augmente les risques de troubles thrombo-emboliques après l’accouchement.

Le collant de grossesse le jour, mais pas la nuit

Il est conseillé d’enfiler le collant de grossesse dès le réveil, car les chevilles et les jambes ont profité de la station couchée pour dégonfler. Il doit ensuite être porté sans discontinuer toute la journée.

Le collant de grossesse devient pour certaines femmes vite insupportable. Dans ce cas, vous ne devez pas non plus vous infliger une torture et pouvez les retirer dans la journée. Le plus sage est alors de passer à un dispositif moins contraignant pour le système veineux et donc moins inconfortable, avec des bas ou des chaussettes de contention.

En revanche, le port du collant de grossesse n’est pas justifié durant la nuit, car la position allongée n’induit pas de stagnation dans les veines. Il est toutefois conseillé de surélever les jambes à l’aide d’un coussin pour stimuler le retour veineux.

Les dispositifs alternatifs au collant de grossesse

Vous avez le choix entre trois types de dispositifs de contention :

  1. le plus petit est la chaussette de contention qui remonte sous le genou ;
  2. le bas de contention ensuite s’arrête en haut de la cuisse ;
  3. le plus complet est le collant de grossesse qui englobe la taille et le ventre.

Le collant de grossesse étant le plus complet, il est le plus efficace. En contrepartie, il est le plus difficile à supporter. Il est donc recommandé d’enfiler un collant de grossesse le matin, dès le lever, et le porter le plus longtemps possible.

S’il arrive un moment où son port devient trop désagréable, vous pouvez passer au bas de contention ou à la chaussette.

Les autres mesures indispensables

Le collant de grossesse constitue une aide indispensable. Cependant, il importe de pratiquer une activité physique douce pour faciliter la circulation sanguine, pendant et après la grossesse. Il est donc recommandé de marcher, ainsi que de nager ou marcher dans l’eau.

Lorsque vous êtes assise ou allongée et que vous ressentez des fourmis ou des douleurs, effectuez des rotations avec les chevilles pour stimuler le retour veineux.

Si vous travaillez assise devant un bureau, installez un repose-pieds qui permet de surélever les jambes et d’atténuer la stagnation du sang.

Le collant de grossesse en voyage et en avion

Lorsque vous êtes enceinte et que vous prévoyez de voyager, le collant de grossesse devient encore plus indispensable. Quel que soit le moyen de transport, vous allez rester immobile trop longtemps pour que le sang des jambes circule convenablement. En avion, le risque est encore exacerbé par les différences de pression.

Demandez dans tous les cas conseil à votre médecin qui peut émettre des réserves sur votre projet s’il estime qu’il n’est pas compatible avec votre état de santé. S’il donne son assentiment, portez votre collant de grossesse dès le réveil ou au minimum une heure avant le départ. À l’arrivée, tâchez de marcher et conservez néanmoins le dispositif de contention durant quelques heures.

Les différentes classes de collants de grossesse

Les collants de grossesse sont classés en quatre catégories, selon le degré de compression.

  1. La classe I dont la pression est comprise entre 10 et 15 mmHg (millimètre de mercure) : la contention étant faible, cette catégorie s’avère de moins en moins prescrite par les médecins qui lui préfèrent la classe II.
  2. La classe II exerce une pression entre 15 et 20 mmHg. Il s’agit de la classe la plus prescrite, car sa compression est efficace, sans devenir trop contraignante. Elle est préconisée chez les femmes souffrant d’insuffisance veineuse ou présentant déjà des varices. Il s’agit également de la classe prescrite après une opération chirurgicale ou en prévention de la thrombose veineuse lors des voyages en avion de longue durée.
  3. La classe III opère une pression entre 20 et 36 mmHg. Elle est préconisée pour les femmes présentant naturellement une insuffisance veineuse.
  4. La classe IV dont la compression est supérieure à 36 mmHg est réservée pour les patientes souffrant de pathologies du type lymphœdème.

Il revient à votre médecin traitant ou phlébologue de déterminer la classe à choisir pour chaque cas personnel.

La diversité des gammes de collants de grossesse

Face à aux réserves émises quant à l’esthétique de ces dispositifs, les fabricants ont travaillé sur leurs modèles pour les rendre plus attractifs. Vous avez le choix entre le collant de grossesse noir ou chair, avec aujourd’hui des nuances de tons chair réellement naturels, ce qui n’était pas le cas avant. Il existe également des gammes plus fantaisistes, colorées ou semi-transparentes. Certains modèles peuvent aussi laisser le pied ouvert, ce qui procure un réel soulagement durant la période chaude.

Par ailleurs, les fabricants tiennent aussi compte de la sensibilité de la peau. Ils privilégient ainsi des matières naturelles comme le coton, le lin ou le bambou. S’ils ont recours à des matières premières synthétiques, elles sont généralement hypoallergéniques.

L’achat du collant de grossesse

Le collant de grossesse s’achète dans des pharmacies ou des magasins spécialisés. Que vous portiez un collant de grossesse, des bas de contention ou des chaussettes de contention, il s’agit d’accessoires qui demandent une prise de mesures pour déterminer leur taille. Rappelons que la classe du collant est établie par le médecin.

Quelles sont les mesures à prendre ?

Pour commander le collant de grossesse adapté à votre physionomie, le professionnel prend les mesures nécessaires :

  • la pointure ;
  • le tour de cheville ;
  • le tour du mollet ;
  • le tour de cuisse ;
  • la hauteur du pied au genou ;
  • la hauteur sol-limite supérieure pour définir la bonne taille du bas.

Quand prendre les mesures ?

Les professionnels recommandent une prise de mesure le plus tôt possible après le lever, avant que les jambes ne commencent à gonfler.

Le remboursement du collant de grossesse

Le collant de grossesse est pris en charge par l’assurance maladie à hauteur de 60 %. Entre 4 et 8 paires peuvent être remboursées par an.

Comment enfiler un collant de grossesse ?

Le collant de grossesse s’avère difficile à enfiler pour les novices. Un peu d’entraînement suffit pour en prendre l’habitude.

Commencez par retourner le collant de grossesse en laissant seulement son pied à l’endroit. Introduisez le pied, puis déroulez le vêtement jusqu’à votre cheville, une jambe après l’autre. Déroulez ensuite le collant sur la jambe, jusqu’en haut de la cuisse. Montez enfin jusqu’à la taille.

Prenez garde à ce qu’aucun pli ne se forme. Le cas échéant, ne tirez pas dessus, mais pratiquez comme un massage, avec des mains humides pour faire glisser le tissu en douceur sur la peau.

Comment entretenir votre collant de grossesse ?

La maille du collant de grossesse étant spécifiquement serrée, elle est incompatible avec le passage dans le lave-linge, et encore plus dans le sèche-linge. Vous devez donc laver vos collants à la main. Utilisez un savon neutre, puis rincez abondamment.

Le collant de grossesse ne doit pas être tordu pour être essoré, mais juste serré. Enfin, il doit sécher à plat, à l’air libre, pas trop près d’un dispositif de chauffage. Il ne doit jamais être repassé.

Certains fabricants proposent de laver le collant de grossesse à 30 °C en machine, sans adoucissant et en le mettant au préalable dans une petite poche. Attention cependant à ce qu’il ne devienne pas trop lâche à force d’être lavé en machine. Il deviendra certes plus agréable à porter, mais son efficacité sera totalement remise en cause.

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